Ultime coup de force de maître Wade: le dernier mohican veut-il se faire Hara-Kiri?

Très attendu à Dakar, le secrétaire général du PDS Me Abdoulaye Wade a finalement foulé hier le tarmac de l’Aéroport International Blaise Diagne vers les coups de 15 heures. Dans son message délivré depuis la permanence de son parti,l’ancien chef de l’État semble plutôt s’orienter vers un faux semblant de boycott de la présidentielle avec en bandoulière le rejet de la candidature de son fils pour justifier une démarche à la limite suicidaire.
Abdoulaye Wade est-il en train de saborder un parti qu’il aura bâti près d’un demi-siècle durant?
Sa déclaration de s’opposer à la tenue de la présidentielle lancée depuis Versailles où il réside a été bizarrement transformée en menace de boycott hier devant ses militants. Ce qui naturellement ne fait que semer le doute et, à la limite,semble confirmer, malgré les critiques acerbes à l’encontre du chef de l’État,l’existence d’un deal avec ce dernier.
Un deal dont on le soupçonne à tort où à raison d’être au centre pour, dit-on, politiquement sauver la tête de son fils Karim Wade pour lui permettre de bénéficier de cette loi d’amnistie agitée par le président Macky Sall.
L’ancien président du Sénégal a-t-il mordu à l’hameçon ?
Depuis Versailles, le fondateur du PDS arguant d’un appel du peuple pour venir le libérer propose de renvoyer la présidentielle de février pour dit-il permettre aux deux candidats les plus sérieux (son fils et Khalifa Sall)!!! de pouvoir participer à la présidentielle de février. Faute de quoi, Macky Sall serait tenu pour responsable de tout ce qui pourrait advenir et dans le lot le spectre de graves crises politiques qui ont conduit à des milliers de morts dans certains pays comme la Côte d’Ivoire et la Guinée a été agité.
Wade cherche-t-il à exercer une
pression pour négocier en position de force?  Répond-t-il au message codé de Macky Sall dans son entretien avec France 24 ? L’un dans l’autre…
Quelle opposition pour accompagner le dernier mohican ?
Avec la décision des partisans de Mamadou Diop Decroix réunis au sein de And-Jeff/PADS-A de soutenir la coalition «Idy 2019», le PDS perd l’un de ses plus fidèles alliés sinon son plus fidèle allié. Cette décision de Decroix et compagnie montre à quel point le choix de Wade de se faire Hara-Kiri est loin d’être partagé par ses alliés et au sein même de son parti où bizarrement des souteneurs de Karim Wade affichent clairement leur penchant pour Idrissa Seck.
Aussi faudrait-il considérer que l’opposition dite aujourd’hui la plus significative est en campagne électorale et de ce point de vue il serait étonnant de voir celle-ci rebrousser chemin pour suivre Abdoulaye Wade dans une logique de confrontation et ou boycott de la présidentielle.Car,même si pour la plupart des points soulevés par maitre Wade, notamment, sur la révision du code électoral à six mois de la présidentielle, la loi sur le parrainage votée par l’Assemblée, l’emprisonnement de leaders politiques pour les
empêcher de participer aux joutes, il y a matière à pointer d’un doigt accusateur le régime en place, mais le fait est qu’ils se sont tous soumis aux règles définies par le pouvoir sans opposer une farouche opposition sinon que par des marches et autres manifestations à la place de l’obélisque.
Le PDS de Karim Wade survivra-t-il
politiquement à Abdoulaye Wade?
De voir maître Wade vouloir sacrifier son parti, le PDS à l’autel des ambitions qu’il a pour un fils agrippé à ses manches et qui visiblement semble être incapable de dessiner son avenir politique, le rend pitoyable, tant il est aveuglé par l’ambition de faire de ce dernier, le futur Président de la République du Sénégal. N’est-ce pas ce qui avait conduit aux fameux incidents du 23 juin où le peuple s’était levé comme un seul homme pour dire non à son projet souterrain de dévolution monarchique.
Ce combat que tente de mener l’ancien président de la république, soutenu par un fils qui tire les ficelles et qui le manipule à souhait est très regrettable. Surtout s’il s’agit d’un fils qui aurait dû laisser son père, un vieillard de plus de 93 ans, bénéficier tranquillement d’une retraite paisible.
À la lumière de tous les agissements de Wade qui ne voit et ne vit que pour son fils Karim, la véritable interrogation s’articule autour de la capacité de ce dernier à assumer l’héritage politique de son père. Si on en juge la trajectoire politique de cet ancien opposant considéré à juste titre comme une figure de proue de l’opposition africaine et qui plus est, a longtemps cristallisé une certaine aspiration avant de devenir président de la république, il serait utopique de croire que son fils aujourd’hui en exil à Doha est suffisamment armé pour devenir le fils tant souhaité son père.
Abdoulaye Wade a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire politique du Sénégal, cet homme mérite autre chose que d’être un pantin.

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