Seydou Gueye: « Idrissa Seck est le cadet de nos soucis. Qu’est ce qui empêche Karim Wade de… »

Le ministre Secrétaire général et porte parole du Gouvernement, Seydou Gueye, a accordé au quotidien 24 Heures,il s’est prononcé sur l’affaire Karim Wade, la candidature de Idrissa Seck…

Sur le dossier Karim Wade. Malgré votre sortie,et la réplique des cadres libéraux, les sénégalais ne se retrouvent plus dans cette affaire. Concrètement qu’est ce qui s’est passé ?
Il n’y a absolument rien dans cette affaire, sinon une vérité judiciaire. La vérité judiciaire ! C’est qu’un compatriote du nom de Karim Wade a été condamné par la justice de son pays pour le délit d’enrichissement illicite assorti d’une amende. Comme la Constitution le permet au Président de la République, il a bénéficié d’une grâce présidentielle pour raison humanitaire. J’entends bien mes amis de la Fédération Nationale des Cadres Libéraux (Fncl) me dirent: « oui, le Président Macky Sall a accordé à l’émir du Qatar ce qu’il a refusé aux autorités religieuses ». Il faut qu’ils soient un peu plus précis. Tant qu’il n’y a pas une décision de justice, la grâce présidentielle est sans objet. Elle ne peut intervenir qu’après une condamnation définitive. C’est pourquoi à l’époque où des autorités religieuses avaient sollicité le pardon pour monsieur Karim Wade, le Président Macky Sall ne pouvait pas le faire ? Mais une fois que la justice a terminé son travail et que la condamnation est définitive, c’est à ces conditions là que la grâce puisse être exercée. Loin de nous cette accusation. La vérité dans cette affaire, c’est qu’aujourd’hui monsieur Karim Wade reste un dettier de l’État. Il doit à notre pays une somme équivalente qui dépasse 100 milliards de francs CFA, consécutive à une amende prononcée par la justice de son pays. C’est ça la réalité.
Karim est parti, il est dettier de l’État. Pourquoi l’État n’a pas demandé une contrainte par corps pour recouvrer son argent?
Ça c’est du domaine de ceux qui sont chargés de l’application des peines. Ce n’est pas l’affaire du gouvernement ni du pouvoir Exécutif. C’est l’affaire du pouvoir judiciaire qui devra estimer à partir de quel moment. Je ne connais pas les procédures, mais en l’espèce ce n’est pas l’affaire du gouvernement de l’appliquer…
Mais l’Exécutif pourrait demander à la justice d’appliquer la contrainte par corps…
C’est une possibilité, une hypothèse mais du domaine de la justice.
Le retour imminent de Karim Wade est agité. Un passeport diplomatique lui a été confectionné. L’argent qu’il doit et l’omerta sur la dernière visite de l’Emir du Qatar ont été constatés. Est-ce que le Qatar s’est chargé de payer cette amende de Karim Wade ou non, où en êtes-vous dans vos relations avec le Qatar?
Les relations avec le Qatar sont comme nous devons les avoir avec un pays ami du Sénégal. Le Qatar n’est pas particulièrement présent au Sénégal du point de vue de la coopération, nous pouvons le dire au passage. Le retour de Karim au Sénégal n’est pas notre affaire. Moi, je poserai la question de savoir pourquoi monsieur Karim Wade n’est pas encore parti en France, un autre pays…
Alors qu’il est détenteur d’un passeport diplomatique…
Et même plus, il a un passeport français. Ce n’est pas ça la question. Pourquoi n’est-il pas allé en Allemagne voir ses amis de Fraport qui sont aujourd’hui mis en examen dans l’affaire de l’Aéroport International Blaise Diagne ? Ce sont des questions qui peuvent être posées. Mais la réalité est que, dès lors que monsieur Karim Wade a bénéficié d’une grâce qui le dispense de l’exécution de la peine restante, il est libre de tout mouvement entre le ciel et la terre dont il a été le ministre à une certaine époque. Il peut y vaquer librement à ses occupations, sous réserve d’être en conformité avec la loi.

Idrissa Seck doit faire tilt dans vos esprits comme un candidat sérieux…
Non. Il est un candidat comme tout autre. Qui a déjà fait ses preuves face à une échéance présidentielle avec les résultats et le succès qu’on lui connait.
Ne vous fait-il pas peur?
C’est le cadet de nos soucis.