Sénégal/Agriculture: Prôner un retour aux méthodes traditionnelles…

Devant les nombreux dégâts causés par les pesticides, la chargée d’appui technique à la Fédération du réseau national des femmes rurales du Sénégal appelle à un retour aux méthodes traditionnelles.
Dans un entretien avec l’ APS (Agence de Presse Sénégalaise) ,mme Fatou Bocoum a plaidé pour la promotion de l’agriculture biologique. «Il faut que l’on reconsidère les pratiques traditionnelles et les faire revenir avec moins de pesticides,il faut opter pour une agriculture traditionnelle », a-t-elle soutenue en marge d’un atelier de sensibilisation des leaders d’opinion sur les dangers des polluants organiques persistants (Pop) et sur les dispositions de la convention de Stockholm.
Elle  a appelé les utilisateurs des Pop,notamment les maraîchers à plus de vigilance en évitant la«promiscuité » pouvant naître de la cohabitation entre polluants organiques persistants et denrées destinées à la consommation.
Promouvoir l’agriculture biologique.
D’après Fatou Bocoum Les polluants organiques persistants constituent des «produits très toxiques. D’après des recherches effectuées, des gens côtoient et vivent avec, sans les connaître », a soutenu Mme Bocoum.
C’est pour cette raison que le réseau national des femmes rurales a développé une «plateforme de sensibilisation sur ces produits toxiques qui font le quotidien des Sénégalais».
Méfaits sur l’organisme
On retrouve ces polluants dans les
graisses, l’air, la nourriture ou même par la coupure ou la manipulation d’un objet, a expliqué Mme Bocoum. «Il y a la dioxine, le fluor, le furane qui se trouvent dans les pesticides, des produits toxiques…» qui ont un effet sur l’organisme, «car ils affectent les graisses de l’individu». «Ce sont des produits qui peuvent y demeurer pendant plumiers années à travers une bio accumulation », a expliqué l’experte signalant que «le plus souvent, on les retrouve dans les zones maraîchères ».
Cette accumulation dans l’organisme n’est pas sans conséquences. Elle est parfois à l’origine «des morts subites du fait que le produit séjournent longtemps dans l’organisme et y progressent ».
«Tout cela mérite une sensibilisation, une communication. Il ne s’agit pas d’apeurer les gens mais plutôt les sensibiliser. De ce point de vue, au Sénégal, des mesures sont prises pour que ces pesticides n’atteignent pas nos frontières, mais la question de la fraude est un état de fait », a ajouté Fatou Bocoum, soulignant que les services de douane notamment doivent être invités à plus de vigilance.
D’autres facteurs comme les pneus et des produits plastiques dans un contexte de cuisson constituent «des sources d’inhalation de ces produits (…).
C’est ce que nous appelons les causes intentionnelles », a-t-elle poursuivi. Aussi, a-t-elle invité le gouvernement à travailler pour «limiter les dégâts » sur ce point pour promouvoir davantage la santé publique, estimant que «l’on est malade de ce que l’on mange ».
L’alimentation a un coût
«Aujourd’hui, on est en train de proposer des alternatives en consommant des produits bio, à
travers une agriculture saine, des aliments sains » a t’-elle conclu