« Le Sénégal a un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements » Ousmane Diallo SG Saemess

Les syndicats de l’enseignement sont aujourd’hui en ordre de bataille,et ce, pour le respect des accords signés par le gouvernement.

En marge d’une rencontre du comité directeur de la CNTS-FC Authentique élargie aux délégués du personnel,nous avons tendu notre micro à Ousmane Diallo secrétaire général du syndicat autonome de l’enseignement du moyen,de l’élémentaire et du secondaire du Sénégal (Saemess)

Pouvez vous nous faire le point sur l’état de vos revendications?

Depuis 2014,nous sommes entrain de nous battre pour que nos militants qui sont dans les zones les plus reculées soient dans de bonnes conditions. Il faut dire c’est la raison de nos existences en nos qualités de secrétaires généraux de syndicats de l’enseignement.

Qu’est ce que vous reprochez au gouvernement ?

Parmi les points de désaccords,Il y a par exemple la question liée à la validation aux 2/3 (deux tiers) il y a aussi le problème de l’avancement des fonctionnaires. Mais le problème qui nous oppose le plus,c’est sans conteste la situation de ceux qu’on appelle des corps émergents.

Qu’est ce que vous entendez par corps émergents?

Les corps émergents sont apparus dans notre secteur quand il y avait des difficultés dans le système éducatif. A cette période,on avait constaté une faiblesse en nombre au niveau du personnel enseignant. Pour parer à cette situation, donc à ce déficit ,les autorités gouvernementales par l’entremise du ministère de tutelle sont allées au niveau de certaines universités du Sénégal pour recruter des diplômés de facultés dans le but de les intégrer dans le système éducatif. Ces derniers ont dû subir une formation interne pour leur permettre d’avoir les rudiments qu’il faut pour pouvoir enseigner. Et ce sont ces corps émergents qu’on entend le plus.

Pouvez vous nous expliquer Pourquoi?

Tout simplement parce qu’aujourd’hui ils constituent l’écrasante majorité des enseignants du Sénégal.

Alors quelle est donc la principale revendication de ce corps appelé émergent?

La réalité est qu’ils n’ont pas un bon plan de carrière,ils ont certes des diplômes,ils ont été formés au niveau de l’Ecole Normale,mais ne sont pas encore alignés dans leur véritable hiérarchie professionnelle.

Et,c’est ce qui est injuste, ils perçoivent aujourd’hui des salaires de misère. Après leur formation et  l’obtention de leur acte d’intégration,l’État traine les pieds pour les aligner,et pour qu’ils puissent avoir un salaire décent qui équivaut à leurs diplômes. Comme ils constituent la majorité, nous sommes obligés de régler cette situation avec le gouvernement. Ils sont sous exploités et perçoivent depuis des années et des années (10 à12 ans) moins que leurs collègues de la fonction publique. Nous voulons que cette situation change,le gouvernement reste sourd et cela est inacceptable.

Et la question de l’avancement automatique?

Il a été retenu dans les accords que nous avons signés avec le gouvernement, le principe de l’avancement automatique des fonctionnaires,tous les deux ans. Mais jusque là le gouvernement ne  respecte pas ses engagements.

Dans le préavis de grève, il est aussi question de parcelles et d’indemnités de logement pour les enseignants. Qu’en est il exactement?

Il faut dire que certains syndicats n’ont pas ce genre de problèmes. de parcelles mais seulement la grande majorité a des difficultés à ce niveau, car pour pouvoir bien faire son métier d’enseignant, il faut que ce dernier ait l’esprit tranquille dans un milieu sain. Si l’enseignant a des problèmes familiaux et financiers, il est déséquilibré,nous nous sommes dits qu’il faut trouver une solution pour régler tout cela dans la sérénité et le calme. Mais c’est le gouvernement nous pousse à la confrontation. Les montants que le gouvernement propose pour les indemnités de logements sont tellement dérisoires pour des gens de notre hiérarchie. A la limite on se demande si l’État n’est pas entrain de nous distraire.

Il semble qu’il y a des d’arriérés de paiement que vous réclamez au gouvernement. Peut-on avoir une idée sur le montant?

L’Etat nous doit près de 85 milliards de Francs Cfa, et il s’agit du dernier décompte .Nous ne demandons pas une satisfaction à 100%, mais quand même, il y a un minimum. Parmi les enseignants on trouve certains dont la situation  est catastrophique et si celle ci n’est pas réglée d’ici leur retraite,leur famille risque de rester longtemps dans la pauvreté. Seulement,ceux qui sont hors du système et qui nous entendent manifester tous les jours ne peuvent pas comprendre cela. C’est ce qui fait que nous sommes toujours pointés du doigt, et par les parents d’élèves,et par le sénégalais lambda.

Et pourtant vous êtes restés deux ans à observer un pacte social,est ce la fin de l’état de grâce ?

Les enseignants sont restés deux ans sans faire la grève,c’est un constat. Seulement c’est après une évaluation minutieuse de nos revendications, qu’on s’est vu « manipulé » voilà pourquoi nous sommes entrain de taper sur la table pour nous faire respecter.

On peut dire que le front social est entrain de se faire entendre,surtout avec la dernière marche organisée par la CNTS de Mody Guiro…

C’est une réalité,ce n’est pas seulement propre au secteur de l’enseignement véritablement. On trouve les mêmes problèmes  dans les secteurs comme la santé, le nettoiement,les collectivités locales…. Le Sénégal a un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements