Procès Khalifa Sall-Me Doudou Ndoye dénonce

«Le procureur a mis en place un ballon de baudruche pour faire condamner Khalifa Sall»

Le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye a mis une foultitude de délits dans le dossier du député-maire de Dakar pour décupler ses chances de voir Khalifa Sall être condamné. Me Doudou Ndoye, un des avocats de la défense, la dénoncé, hier, devant la barre du tribunal correctionnel de Dakar.

Les délits d’association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures de commerce, détournement de deniers publics, d’escroquerie portant sur les deniers public et de blanchiment de capitaux sont les charges retenues contre le député-maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall et ses collaborateurs jugés depuis près de trois semaines maintenant. Excessif, dira sans doute Me Doudou Ndoye du pool d avocats de la défense de Khalifa Sall et Cie. Et pour la robe noire, le procureur a mis en place un ballon de baudruche. «Dégonflez, dégonflez, il en restera toujours de lair. Il a mis tous ces délits dans ce dossier pour vous dire choisissez en un et condamnez Khalifa Sall», dénonce-t-il devant le juge. Selon lui, les textes ne disent pas que Khalifa Sall doit justifier, mais c est le régisseur qui doit justifier. «Qui peut dire que Khalifa Sall a participé à la confection des factures ? », s’interroge-t-il. Avant de répondre : «Personne ne peut le dire ici». Mieux, relève l’avocat, «Khalifa Sall na pas aussi signé les Pv (Procès verbaux) de réception». A ses yeux, le député-maire de Dakar est victime dune machination, car le dossier ne comporte aucun élément matériel coupable pour asseoir un détournement de deniers publics.

De la pure machination
«Un dossier doit être étudié, circonstancié par des faits. Il n’ y a dans le dossier que de bonnes factures qui permettent de prouver que l’argent a été bien dépensé. () Et c’est grave devant ces choses là qu’on vienne dire qu’il y a un détournement de tout l’argent. Encore faudrait-il faire des comptes, des calculs pour savoir ce qui manque et ce qui ne manque pas. Mais on ne dit pas 30 millions multipliés par 12 multipliés 5. Alors que quand vous regardez bien les dossiers, il y des 30 millions bien dépensés ici, des 18 millions bien dépensés là-bas. A partir dune erreur gravissime, dun défaut de travail sérieux, on a mis en place, excusez-moi, un système politique et ça, ce n est pas bien», argumente l’avocat qui plaide la relaxe pour tous les prévenus. Car pour Me Doudou Ndoye, «si celui qui garde les fonds, qui doit les contrôler, (les percepteurs) est relaxé, personne ne doit être condamné».

«Un visa n’est pas une signature»
En outre, l’avocat a fait la distinction entre la signature et le visa dans les textes de la loi ; laquelle distinction lui fait dire que le visa ne peut lier le tribunal. Me Ndoye d’évoquer l’exemple du chef de l’Etat qui vise toutes les lois avant de signer les décrets. «Le visa, ce n est pas une signature. Le président de la République, quand il fait des décrets, il vise toutes les lois du Sénégal avant de signer le décret. Ces visas ne disent pas qu’il confirme, lui, qu’il a étudié ces lois-là. Le visa, c’est simplement un constat que le papier qu’on ma donné existe. test cela le visa. Cela ne veut pas dire que le contenu du papier, vous le connaissez. ‘ la différence entre ce que nous, nous appelons en droit l’instrumentum et le négocium. ‘, c est le simple papier qui na de valeur que le papier tandis que le négocium, c est l’intérieur, la signification, la substance du papier. C’est du français, malheureusement, le droit est fondé sur le français et le bon français. Malheureusement au Sénégal, on ne connaît plus la langue française, donc on devient de mauvais juristes», souligne Me Doudou Ndoye pour le regretter.

Ablaye Sidy 24 heures