Performance des clubs sénégalais: après la grandeur,la décadence?

Jadis porte-étendards du football sénégalais, les clubs traditionnels commencent à vivre une descente dans les profondeurs de la hiérarchie de notre football au grand bénéfice des clubs qui sont issus des centres de formation. Néanmoins certains clubs traditionnels à l’image des verts et blancs de la Medina continuent de résister farouchement . Mais pour ce dernier, et pour bien d’autres c’est plus par la seule volonté de son président…
Quel impact sur le niveau de notre football  ?
Au regard des mauvais résultats des clubs sénégalais au plan africain et surtout au manque d’engouement et de sponsors que vit actuellement notre football,c’est toute une problématique qui se pose.
En vérité les clubs issus des centres de formation qui dominent actuellement le football sénégalais bien que souvent titillés par certains clubs traditionnels (qui résistent encore) n’ont pas réussi à bâtir le modèle adéquat pour tenir la dragée haute face à des monstres sacrés du football africain. Et qui plus est, du fait d’un renouvellement constant de leur effectif ne donnent pas une meilleure qualité au championnat de ligue pro. Du point de vue des résultats, nos clubs ne parviennent pas à franchir l’obstacle maghrébin ou sont éliminés par des équipes de la Guinée et pour Génération Foot peut-être même (on ne le souhaite pas) par des étudiants d’une université privée du Bénin
Et pourtant la JA,le Diaraf et l’US Gorée pour ne citer que ces trois plus grands clubs traditionnels ont par le passé réussi à rassembler toutes les ressources financières nécessaires à une bonne campagne africaine et par une forte mobilisation populaire aussi sont parvenus à se hisser au plus haut niveau du football africain en disputant pour certains soit les demi-finales d’une coupe d’Afrique et pour le cas de la JA une finale en coupe CAF.
Jeanne d’Arc de Dakar, retour sur deux parcours exceptionnels
Nous sommes en 1974,après avoir sorti par forfait le Hafia football club de Guinée la Jeanne d’Arc de Dakar, rencontre en 1/2 finale de la coupe d’Afrique des clubs, la prestigieuse formation du Cara de Brazzaville qui allait être plus tard sacré champion d’Afrique. Sur l’ensemble des deux rencontres la JA encaissa au total six buts dont deux au match aller(2-0), et quatre au match retour dans un stade Demba Diop plein à craquer (4-1)
1998 Coupe de la Caf  la JA emmenée par Pape Malick Diop signe enfin le renouveau du football sénégalais au plan africain. Le club cher au président Omar Seck qui s’est payé le luxe de recruter des joueurs de la sous région fait un parcours exceptionnel en battant tour à tour le Mouloudia d’Oran, l’Asec Mimosa, Victoria settbat, et Changa Rangers du Nigeria. Mais une lourde défaite en finale face au Sfax de Tunis 0-4 mit fin à leur rêve de brandir un trophée continental . Jamais une équipe sénégalaise n’a été aussi proche du but.
Les centres de formation, cas d’école ou problématique du football sénégalais ?.
Certains présidents de clubs à l’image de Saer Seck des Diambars et Mady Touré de Génération Foot pour ne citer que ces deux là, pourtant de purs produits des clubs traditionnels ont très tôt compris,que le football, au delà de la passion qu’elle déchaine,est un modèle de business rentable qui exige un changement de cap pour répondre aux exigences du football moderne.
Si aujourd’hui les clubs de football issus des centres de formation sont en train de dominer le football Sénégalais c’est tout simplement que ces gens y ont réellement crû et ont investi beaucoup d’argent pour arriver à ce niveau.
Mais ont-ils suffisamment investi pour mieux figurer en Afrique?
Il apparait clairement que pour des raisons financières, l’option de la formation et du placement des jeunes joueurs semble être la piste privilégiée par les centres de formation. Seulement cette option comporte à bien des égards beaucoup d’insuffisance, puisque bâtie sur un modèle non performant au plan africain et comme susdit déteint sur le niveau de notre championnat.  Du point de vue des ressources générées par le placement de leurs joueurs, les présidents des centres de formation comme Diambars et Génération Foot peuvent bien évidement se frotter les mains et se prévaloir de dominer le football sénégalais.
Mais c’est au niveau africain qu’ils auront du mal à percer avec des éliminations dés le premier tour. La raison est tout simplement liée au fait que les grands clubs africains au delà de la mise en place de centres de formation recrutent les meilleurs footballeurs du continent ce qui évidemment relève le niveau de leurs championnats respectifs.Ce qui est loin d’être le cas au Sénégal
Quid des clubs traditionnels ?
Avec l’avènement en 2009 du football professionnel au Sénégal figurait en bonne place dans le cahier de charges, la création de centres de formation mais aussi de sociétés pour gérer les intérêts financiers des clubs.
Une mesure salutaire, puisqu’elle devait favoriser la formation du jeune footballeur à la base mais aussi et surtout permettre aux clubs d’avoir des produits à placer dans le marché porteur du football professionnel mondial.
Excepté un ou deux clubs aucune autre formation n’a réussi à respecter les termes de référence. Conséquence, c’est à peine que les clubs traditionnels parviennent à prendre correctement en charge le salaire de leur personnel (arriérés de salaires ).  Et quand certains réussissent à gagner le championnat,c’est la croix et la bannière pour jouer un seul match de tour préliminaire. Autre constat encore ce sont des dirigeants qui n’ont pas réussi à organiser leurs clubs dans ce sens qui se retrouvent à la tête du football sénégalais !!!
Le modèle de feu Omar Seck une réussite
Feu Omar Seck avait montré la voie du succès en se payant même le luxe d’enrôler des internationaux du Burkina et de la Guinée. Ce qui avait pourtant permis à la JA de disputer une finale africaine avec en plus une ossature (pape Niokhor Fall ,Pape Malick Diop, Assane Ndiaye entre autres) qui avait signé le retour au premier plan du football sénégalais (Can 98) .
Malheureusement des dirigeants du club,obnubilés par l’argent ont oublié que l’essentiel n’était pas de faire main basse sur le patrimoine de la JA (estimé à plus de deux milliards), mais de renforcer un club qui n’avait besoin que de l’unité de ses membres pour continuer à bien figurer en Afrique.
En somme, le football sénégalais a besoin d’un modèle performant. Qu’il s’agisse de clubs traditionnels ou de centres de formation, l’essentiel est de bâtir un club fort capable de bien figurer en Afrique. Le championnat sénégalais ne s’en portera que mieux.
 Et pourtant feu Omar Seck avait montré la voie… 
Saliou Faye
Journal 24 heures 

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