Ousmane Sonko:populiste ou populaire?

Certaines théorie qualifient les lanceurs d’alertes de populiste car ils dénoncent le système qui s’apparente à de l’apparatchik politique. Les attaques ad hominem sont une des caractéristiques d’un discours populiste mais, Sonko n’est ni un démagogue ni outrancier. S’il met en cause personnellement des autorités c’est parce que la justice a démissionné dans notre État failli.
Évidemment,dans un pays où le voleur de «nettetou» est emprisonné, et dans l’attente d’un jugement, alors que ceux qui sont protégés par leur immunité diplomatique ou parlementaire s’arrogent le droit de nous spolier, il n’est pas normal de s’en offusquer.
Pour valider la thèse de son populisme, d’autres lui reprochent sa personnalité charismatique. Force est de constater que Sonko inspire confiance et n’a jamais appelé à l’insurrection populaire encore moins à la stigmatisation de qui que ce soit. Cherchez l’erreur !
Dans les démocraties occidentales,l’abolition des privilèges ne s’est pas faite sans révolution, ce n’est pas le cas des sénégalais qui ont été convaincus par un leader anti système, et ceux-là n’ont pas besoin d’être marginalisés par cette notion péjorative.
Le patriotisme économique prôné par Sonko n’a pour objectif que la sauvegarde de l’intérêt national, face à une globalisation des échanges qui ne tient pas compte des pays les moins avancés comme le nôtre.
Ces élites corrompues refusent d’admettre que les partis traditionnels ont plongé la grande majorité du peuple dans les abîmes de la misère, et quiconque ose en parler est aussitôt diabolisé.
Ce déni profond de l’échec de ces régimes successifs est la raison du rejet du système. Le peuple dans sa globalité est légitime lorsqu’il en appelle à la transparence et qu’il exige que ses dirigeants prennent leurs responsabilités.
Le citoyen donne le pouvoir à qui il veut et est en droit d’être associé, informé et consulté dans la prise de grandes décisions le concernant. Rappelons-nous que la souveraineté permet à un peuple d’être libre.
Sans souveraineté, il n’y a pas de liberté, puisque l’autorité est exercée par d’autres qui ne doivent pas en abuser. Sonko lance un pavé dans la mare en affirmant ceci «Ilfaut arrêter de se raconter des histoires.
Nous sommes un pays sous-développé et loin de l’émergence. Nous nous endettons pour nous offrir des infrastructures tape-à-l’œil. Mais construire un TER alors que des femmes meurent encore en brousse pour aller accoucher, j’appelle cela de l’incompétence ».
Maïmouna Saïdou Dia, PASTEF Bordeaux
Lu dans 24 heures “opinion”