Loi sur le parrainage: Macky Sall franchira t’-il la « Ligne Rouge » ?

Depuis le Togo,où il s’exprimait devant la communauté sénégalaise sur le parrainage, le président de la république Macky Sall est passé à la contre offensive. Il ne va rien lâcher ni devant la pression de l’opposition, encore moins devant les bons offices de la société civile. Sauf à tout perdre, le 24 février 2019

LES POLITIQUES sont maîtres dans
l’art de donner des taloches au
peuple. Le domaine propre du politique s’amenuise devant les caprices de l’opinion, les pesanteurs du pouvoir, les harcèlements des médias et de l’opposition.

Les lignes rouges ne valent pas seulement pour Mame Mbaye Niang, ministre du Tourisme, dans l’affaire Palm-Beach pour laquelle il a porté plainte contre Idy ; Oumar Hann, directeur du Coud ou Abdoulaye Daouda Diallo, ministre des Infrastructures, des Transports et du Désenclavement ; Mahmoud Saleh, ministre conseiller du Président de la République.

Des lignes rouges à ne pas franchir,
le pays en regorge : avec le secteur de
l’Éducation, l’affaire de la Sar, le contrat
avec Total, la construction d’une rampe
à Cambérène, le financement de la campagne 2012 de l’APR, les morts sur nos routes et les rapts d’enfants.

La ligne rouge, c’est l’autorité disait
l’autre. Avec le parrainage, le Président Macky Sall ne va pas jouer le risque de perdre « encore une fois » tout son crédit.

Aujourd’hui Gouverner le Sénégal, ,s’apparente à un cabotage à aviron sans autres balises ou phares que des expertises douteuses, des communicants aveugles et, en guise de boussoles une opposition qui tire à hue et à dia, dans un contexte où la société civile renvoie dos à dos les partis politiques.

Le président Macky Sall, que le commissaire Boubacar Sadio surnomme «l’homme aux promesses mutilées et aux engagements évaporés»,ne va rien céder sur cette question technique.

Au Togo Parlant de droit Constitutionnel, qui divise l’opinion et les intellectuels. Il a réaffirmé sa pensée et sa décision
claires comme l’eau de roche devant les résidants sénégalais qui le soutiennent.

Après avoir survolé le coût exorbitant, 18 milliards de FCFA, des élections législatives du 30 juillet 2017, Macky Sall a affirmé que « la politique est un combat de lutte » et que lui et ses séides vont « se battre ». La ligne rouge, ou vous la tenez et l’on vous prend au sérieux ; ou vous cédez et l’on vous rit sous cape et vous dénigre.

Et là, votre popularité en prend un
sacré coup. On appréhende cette position plus chez «Ngoor» de l’Apr quand il dit : «celui qui ne veut pas répondre à mon appel au dialogue est libre, mais on va à la fin appliquer la démocratie et cela va se passer comme ça ».

Dans cette épreuve avec l’opposition,
le Président Macky Sall ne va pas se dé-
considérer car selon lui «l’opposition veut nous occuper avec cette question jusqu’au mois de juin 2018», pour l’amener dans l’engrenage «des dispositions de la Cedeao» sur la modification de la Constitution ou des textes électoraux, a-t-il indiqué devant des compatriotes vivant au Togo.

A l’heure de l’épreuve, il ne faut rien négliger. Lisons Mamadou Thiam, du pôle communication de la Présidence : « Lorsque le peuple élit un président, il lui donne mandat pour définir la politique de la nation. Dès lors, il ne revient pas à l’opposition de fixer ce qui est bon et ce qui est mauvais. La seule limite à la gouvernance d’un élu c’est le respect de la loi. Lorsqu’une majorité invite l’opposition à dialoguer, c’est déjà une concession majeure qu’il ne faudrait pas confondre avec de la faiblesse». C’est
dire.

Abdoulaye Diop.