Libération de Karim Wade: Quand l’État confectionne un passeport diplomatique à un détenu gracié…!!!

L’affaire de la traque des biens mal
acquis, la grâce et la libération de
Karim Wade, son retour ou non au Sénégal se manifestent sur la place publique par une bande hurlante qui hante les cauchemars des hommes du régime de Macky Sall.

Les différentes anecdotes distillées ça et là par Karim Wade, ses ouailles et la garde du Président Macky Sall sont révélatrices d’un dossier monté par des bien-pensants et qui continue de bouffer la rationalité des populations tout en maintenant le débat public sous une épaisse chape de plomb.

Cette affaire devient, à la longue, un énigme très ténue dont les révélations du Tribunal de Monaco pourraient aider à apporter une éclaircie de taille

EN ATTENDANT sa venue annoncée par tous les segments du parti démocratique sénégalais (Pds), ceux et celles qui défendent le droit de Karim Wade, sa dignité et ses libertés publiques sont de plus en plus virulents. Les derniers en vue sont Hélène NDella Chaupin et les membres de la Fédération des Cadres Libéraux.

La présidente du Mouvement AssKaw a indiqué dans un texte parvenu à notre rédaction: « Nous savons tous pertinemment que Karim Wade a quitté la prison de Rebeuss et le Sénégal contraint à un exil forcé le 23 juin 2016.

Dans son exil lointain et silencieux, dans une absolue redondance prémonitoire, il regrette qu’on l’ait empêché de se rendre à Touba voir son guide religieux,l’illustre Sérigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké, avant son départ du Sénégal. C’est donc tout naturellement qu’il exprime sa peine et ses condoléances suite au décès de l’illustre marabout, son marabout, en tant que musulman, sénégalais et talibé mouride de surcroît (…)

On n’a jamais vu,dans une démocratie
qui se respecte, un prisonnierbénéficiant d’une grâce présidentielle sortir de prison avec un passeport confectionné sur place. Nulle part, non plus, dans une démocratie au monde, il revient à un régisseur de prison de conduire un prisonnier, fût-il encombrant, jusqu’au tarmac d’un aéroport à sa sortie de prison. La vie de Karim Wade était en danger dans ces conditions. Elle l’était déjà largement en prison ». Même son de cloche dans la note reçue des cadres libéraux: « La FNCL a pris les décisions ci-après: la convocation prochaine du Secrétaire Exécutif National de la FNCL aux fins de réfléchir sur une nouvelle offre politique nationale à verser dans la corbeille déjà riche du candidat

Karim WADE ».Mankeur Ndiaye et la demande manuscrite de Karim Wade?

Les observateurs, bien au fait de cette
affaire, n’opinent pas cette thèse. Pour eux, Wade-fils savait pertinemment qu’en franchissant les portes de Rebeuss, les tenants du pouvoir n’allaient pas le laisser se pavaner 7 heures de temps entre Dakar et Touba, pour revenir prendre son avion et rallier Doha.

Ce serait trop risqué pour qui connait
la capacité de mobilisation et de calcul
politique de Me Abdoulaye Wade.

Ce qui parait encore bizarre dans le momentum du dénouement de l’affaire à Rebeuss, c’est la confection d’un passeport diplomatique à un détenu qui vient d’être gracié, et qui de surcroit a perdu tous ses droits civils et politiques et contraint de payer près de 117 milliards de Francs Cfa.

Le ministère des affaires étrangères avait-il le droit de lui confectionner un passeport diplomatique ?

Le texte de référence consulté est
le décret n°78-21 du 06 janvier portant
description du Passeport diplomatique
et du Passeport de service et fixant
les modalités de leur établissement et
le Décret n°90-934 du 27 Août 1990
abrogeant et remplaçant l’article 12
du Décret n°78-02 du 06 janvier 1978
précité.

Qui est l’auteur de la demande de passeport diplomatique adressée au
service du Protocole du Ministère des
Affaires Étrangères, dirigé à l’époque par
Monsieur Mankeur Ndiaye?

Question que se posent les sénégalais et les observateurs! C’est dire que la demande manuscrite est une obligation pour bénéficier du document de voyage. Au pis,sur quel statut a voyagé Karim Wade? Diplomate ou bien!

De l’autre côté,de Doha, Karim Wade semble bénéficier d’un statut diplomatique avec un visa de l’autorité du Qatar.

Pour les observateurs, Karim Wade a été obligé d’endosser une reconnaissance de son rôle diplomatique à Doha.

Pape Maél Diop et le plan de vol du jet
venu de Qatar?

L’autre nouveauté dans ce débat est le
plan de vol, à  l’aller comme au retour,
de l’avion qui est venu cueillir Karim
Wade à l’aéroport international Léopold Sédar Senghor, nuitamment.

Les informations du plan de vol, les autorités sénégalaises, en premier lieu le
directeur de l’aéroport, devaient être à
leur portée de mains, à savoir: l’aéroport
de destination, la durée de vol prévue
depuis le décollage du terrain de départ
jusqu’à la verticale du terrain d’arrivée,
le point de franchissement de frontière,
le type de vol-aviation générale, transport aérien régulier, transport aérien non régulier, militaire, Médical Urgent-, l’immatriculation de l’avion, etc.

Qui ,en dehors des autorités aéroportuaires, était au courant de ce vol spécial et quand est-ce que les documents du plan de vol ou les informations sur ce vol ont été transmis aux autorités sénégalaises?

On s’étonne aujourd’hui de l’omerta sur
le départ de Karim Wade du Sénégal, alors que l’information ne devait pas faire l’objet de favoritisme pour un cercle fermé du pouvoir et du clan des Wade.

Pourquoi la contrainte par corps ne peut  être appliquée à Karim Wade?

Excepté le fait que Karim Wade est
juridiquement pris entre le marteau du
jugement du 23 Mars 2015 de la CREI
(Cour de Répression de l’Enrichissement
Illicite) qui a certes « écarté l’interdiction
de l’exercice des droits civiques, civils et
de famille prévus par l’article 34 du Code
pénal », et l’enclume de la constitution
dans son article 28 et du Code électoral
sénégalais dans les dispositions de ses
articles LO.113, L.31 et L32, force est de
reconnaître qu’il s’agit là d’un imbroglio
juridique sans précédent. À la lecture
de tous ces éléments, l’autre nouveauté
décelée par nos observateurs est l’aspect
de la contrainte par corps.

Karim Wade est hors de portée de la justice sénégalaise qui l’a condamné à payer 117 milliards. Dans le jargon juridique, Karim Wade est un dettier ou une personne qui ne peut ou ne veut payer ses dettes,il peut se retrouver emprisonné et contraint par corps.

Mais la réalité corrobore une autre
situation. Soit, selon nos observateurs,
le Qatar s’est engagé à payer la dette de
son hôte ou bien l’absence du territoire
sénégalais pour une durée bien définie
et de commun accord la décharge de la
somme à rembourser. Dans le premier
cas de figure, le régime doit édifier les
sénégalais sur le montant réceptionné
et sa destination dans le budget du pays.
Et, dans l’autre cas, il doit publier tous les documents afférents à ce détricotage de l’affaire.

La bulle médiatique qui s’est formée
autour du retour ou non de Karim Wade
a, comme toujours, été excessive. Mais
elle n’aurait pas dû surprendre les populations qui ont vu passé des dossiers politico-judiciaires atterrir sur le tarmac du non lieu. Dans la longue litanie de scandales qui émaillent l’histoire politique du Sénégal, les épisodes qui touchent les anciens premiers ministres et les ministres ont été virulents.

Dans ces bulles, la réalité est souvent déformée. Le détournement des chantiers de Thiès constitue un parfait exemple. Sans fouiller à nouveau dans l’imaginaire des sénégalais, ces querelles politico-judiciaires sont devenues insupportables.

Les hommes et femmes de l’arène politique ne l’ignorent pas et se doivent
d’ouvrir les scellés pour une paix sociale et politique dans notre pays

Source 24 Heures