L’huile d’olive améliore t’-elle la performance sexuelle ? La réponse…

Une étude réalisée par des chercheurs de l’université d’Athènes et présentée lors du congrès annuel de la société européenne de cardiologie à Munich, fin août, démontrerait que l’huile d’olive peut être un remède naturel contre l’impuissance sexuelle.

Cette étude a été reprise ces derniers jours par une dizaine de sites (le Décodex alerte sur plusieurs d’entre eux, pour leur approche sensationnaliste) n’hésitant pas à titrer : « Plus efficace que le viagra », « Dysfonction érectile : l’huile d’olive peut booster vos performances »… Des assertions un peu rapides au regard des conclusions de l’étude en question.
Une étude non publiée entièrement

Cette étude a été menée auprès de 667 hommes d’Ikaria, une île grecque dont les habitants sont réputés pour leur longévité. Agés d’environ 67 ans, les sujets de l’étude avaient adopté un régime méditerranéen à base de fruits et légumes, de légumineuses, de poissons… et d’huile d’olive. Problème : seul le résumé de ladite étude est disponible sur Internet, l’article n’ayant pas encore été publié. Pour rappel, une étude n’est considérée sérieuse qu’à partir du moment où elle a été revue par des pairs.

Le blog Passeur de sciences décrit ainsi le processus : quand des chercheurs veulent publier le résultat de leurs travaux, ils rédigent tout d’abord leur étude puis l’envoient à une revue. « L’éditeur de celle-ci adresse ensuite le texte à un ou plusieurs spécialistes, les relecteurs, qui, par leur expertise, sont à même de saisir la portée de l’article et censés en effectuer une analyse critique. Souvent anonymes, ils peuvent décider de rejeter ce dernier s’ils ne le jugent pas assez intéressant ou pas au niveau de la revue ; ils peuvent aussi, avant de se prononcer, demander un certain nombre d’éclaircissements voire de nouvelles expériences ; ils peuvent enfin accepter l’étude, en général au prix de corrections et de précisions. Si les experts donnent le feu vert, le texte est publié. » C’est tout ce processus par lequel l’étude reprise ces derniers jours n’est pas passée.
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L’abstract de l’étude résume : « L’adoption à long terme d’un régime méditerranéen et la consommation d’olives semblent augmenter les taux de testostérone et améliorer les propriétés élastiques aortiques [l’artère qui distribue le sang dans tous les organes] », ce qui améliorerait globalement la capacité sexuelle des personnes âgées de l’île d’Ikaria, indépendamment de l’existence de maladies cardiovasculaires et des facteurs de risque.

L’auteure principale de l’étude, Christina Chrysohoou, conseille même une dose hebdomadaire de 9 cuillères à soupe d’huile d’olive par semaine, et affirme que « les hommes qui suivent un régime méditerranéen – en particulier ceux qui consomment beaucoup d’huile d’olive – voient leur risque d’impuissance réduit de 40 % ». Des chiffres impossibles à vérifier en l’absence d’étude complète et publiée. La méthodologie, sommaire, précise que les données concernant l’alimentation et l’activité sexuelle sont récoltées grâce à des questionnaires.

Il faut en outre rappeler qu’une corrélation n’indique pas forcément une relation de cause à effet et qu’il n’existe pas d’aliment « miracle ». Les célèbres omégas-3, acides gras que l’on retrouve dans certains poissons et huiles végétales, ont par exemple vu leurs prétendus mérites relativisés par plusieurs études critiques.

Au final, il serait plus correct de résumer ainsi les premiers résultats de cette étude : un régime alimentaire sain, incluant de l’huile d’olive, pourrait avoir des effets positifs sur la santé sexuelle des personnes âgées.
source LeMonde

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