Les femmes néerlandaises sexuellement très…

Une éducation sexuelle chez les jeunes permet davantage d’épanouissement sexuel.

Orgasme, un mot de plus en plus courant, reconnu comme le graal en terme de sexualité. Tellement populaire qu’il a sa propre journée : le vendredi 21 décembre dernier avait lieu la Journée mondiale de l’orgasme. À cette occasion, l’Ifop, l’Institut français d’opinion publique a publié une étude sur « le degré de bien-être sexuel des Européennes et les différences d’activité ou de pratiques sexuelles entre les pays. » Les résultats se révèlent intéressants bien que notre plat pays n’ait pas été repris. Sur les 6.000 femmes interrogées, aucune Belge, mais bien des Espagnoles, des Italiennes, des Françaises, des Allemandes, des Hollandaises et des Anglaises.

Les conclusions de cette enquête font tomber les clichés disant que les pays latins (Italie, Espagne et France) sont les plus adroits sur le plan sexuel. Bien au contraire.

La Hollande, contre toute attente, est le pays où les femmes sont les plus satisfaites sexuellement (38 %) mais également sentimentalement (49 %). La raison ? Leur caractère progressiste en matière d’éducations sexuelle (dès l’école primaire) et de sexualité.

Et qui dit haut taux de satisfaction sexuelle ne veut pas dire haut taux d’activité sexuelle. En France, elles sont 10 % à répondre qu’elles ont plus de trois rapports par semaine, contre 6 % pour la moyenne européenne et 8 % pour les Hollandaises.

Là où réside une seconde partie de la réponse quant à l’épanouissement sexuel des femmes, c’est dans la pratique de cette sexualité. Les résultats dégagés montrent que le sexe oral permet aux femmes d’avoir une sexualité plus satisfaisante. À la question : « Avez-vous léché ou sucé le sexe de votre partenaire ? », les Hollandaises se classent en première position avec 90 % contre 82 % pour l’Italie et l’Espagne. Dans ces deux pays, la connotation accordée aux pratiques bucco-génitales est généralement plus négative que dans les pays du nord de l’Europe. À l’inverse, les pratiques anales sont plus répandues en France et en Italie. Elles sont pourtant considérées comme les pratiques suscitant le moins facilement un orgasme chez la femme.

Ces pratiques influencent elles aussi le taux de satisfaction des Européennes.

François Kraus, directeur à l’Ifop de la section Genre, sexualité et santé sexuelle en charge de cette étude explique que même si le niveau de vie européen est sensiblement homogène, il ne l’est pas concernant le bien-être sexuel et sentimental. « Comme le montre l’exemple néerlandais, le partage de valeurs sociétales très progressistes sur ces questions et leur traduction en termes de politiques publiques (comme par exemple la mise en place de l’éducation sexuelle dès l’école primaire) influent positivement sur le bien-être sexuel, tout comme la diversification de leur trajectoire et de leur répertoire sexuel. »

Certains pays, comme la France, sont plus portés sur la performance sexuelle, plus que sur le plaisir. D’autres facteurs comme « la difficulté à concilier vie professionnelle et familiale » peuvent également influencer le bien-être sexuel et sentimental d’une femme.
Justine Leupe