Le procureur de New York chargé de l’affaire Weinstein mis en cause… pour des violences contre des femmes

Eric Schneiderman, procureur général de l’Etat de New York, vient de démissionner de son poste ce lundi 7 mai. Il est mis en cause par une enquête du « New Yorker », qui publie le témoignage de 4 femmes l’accusant de violences physiques. Schneiderman est une figure de la gauche démocrate, et très engagé dans le mouvement #MeToo…

L’élan de libération de la parole des femmes révèle des vocations de tartuffes : le procureur général de New York Eric Schneiderman en est le dernier exemple. Véritable icône de la gauche anti-Trump, l’homme qui a lancé des poursuites contre la compagnie du producteur-agresseur sexuel Harvey Weinstein vient d’être contraint à la démission ce lundi 7 mai. Il est mis en cause par une enquête du New Yorker, qui fait témoigner 4 femmes l’accusant de violences physiques.
Des témoignages accablants

Deux des quatre sources du New Yorker sont des militantes féministes, Michelle Manning Barish et Tanya Selvaratnam. « Elles assurent qu’il les frappait, souvent après avoir bu, souvent au lit et jamais avec leur consentement », raconte le New Yorker. Leurs témoignages font état de relations sentimentales entachées par l’alcool et les violences (étranglement, coups). Schneiderman semblait faire preuve d’une grande assurance, basée sur sa position très prestigieuse de attorney general à New York. « Tu sais, frapper un représentant de la loi est un crime », aurait-il confié à Michelle Manning Barish après que celle-ci avait tenté de riposter à ses coups. Lorsque le mouvement #meetoo a émergé sur les réseaux sociaux, la militante fit allusion à Eric Schneiderman sur les réseaux sociaux. Lequel décrocha illico son téléphone pour menacer son ex-compagne. « Être hors des clous est contre la loi », aurait répliqué Michelle Manning Barish. Réponse du procureur général : « Je suis la loi ».

Tany Selvaratnam, qui a eu une relation avec Schneiderman à partir de 2016, livre un témoignage similaire, racontant avoir été frappée et surnommée « mon esclave noire » par le procureur, par ailleurs membre du Parti démocrate et ancien sénateur. Les deux autres témoignages, anonymes, font également état de relations marquées par la violence et le sadisme. Eric Schneiderman, qui a démissionné seulement quelques heures après la publication de l’article du New Yorker, a nié les accusations, sans toutefois masquer un certain trouble : « Dans mes relations intimes, je me suis engagé dans des jeux de rôles et autres activités sexuelles. Je n’ai jamais agressé personne. Je n’ai jamais eu de relations sexuelles non consenties, ce qui est une ligne que je ne franchirai pas », a-t-il déclaré.
Féministe en public, violent en privé

Aucune plainte n’a été déposée contre Eric Schneiderman pour l’heure. Mais la position du procureur, déjà rendue précaire par la concordance de témoignages accablants, est devenue intenable lorsque le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, l’a appelé à démissionner. « Nul n’est au-dessus de la loi, y compris le plus haut magistrat de New York. Je vais demander à un procureur d’ouvrir une enquête immédiate et de traiter l’affaire comme les faits l’indiquent », a annoncé le démocrate, en pleine campagne pour sa réélection. Seule l’ex-épouse de Schneiderman, Jennifer Cunningham, a pris sa défense, arguant que les accusations n’avaient « rien à voir avec l’homme qu'[elle] connaît » depuis 35 ans.

Marianne.net