Habib Sy sur le retour de Karim Wade « Ils savent que Wade est prêt à mourir les armes à la main… »

Invité de l’émission décodage ce samedi sur la chaine de télévision  touba TV Habib Sy ancien compagnon de maître Wade et leader du parti de l’espoir et de la modernité s’est prêté aux questions de notre confrère Abdoulaye Diop du quotidien 24 heures.

Nous vous livrons un extrait de l’entretien

Wade annoncé au Sénégal avec Karim pour un dernier combat, est-ce qu’il est prêt, le connaissant très bien, à aller jusqu’au bout de cette affaire ?

Le connaissant oui. Lui, il mène les combats. Si de l’autre côté, le pouvoir ne
veut pas comprendre, ni accepter que
Karim Wade soit candidat en respectant
la Constitution, en évitant les  manipulations et les tripatouillages, oui c’est un combattant.

C’est ce qu’il nous a appris. Il va aller jusqu’au bout. Comme je dis, quand il arrive, il va brouiller toutes les fréquences. Et, ceux qui sont autour de Macky Sall le savent aussi très bien. Que ce soit Moustapha Niasse ou Tanor Dieng, ils savent que Wade est prêt à mourir les armes à la main plutôt que de céder.

Il faut qu’ils le comprennent. On se parle et on l’a fait tout récemment. Il parait très en forme d’ailleurs. Il est encore plus que lucide et il dit qu’il va venir et il viendra in cha Allah (s’il plait Dieu).

Que conseillez-vous à Macky Sall par rapport à cette situation qui vous semble sans doute paradoxale, pour deux hommes qui ont eu à partager beaucoup de choses ?

Moi, je n’ai pas compris d’ailleurs. Il est
en train de tout faire pour obtenir un
deuxième mandat. C’est comme s’il ne
se faisait pas confiance, lui-même. Diantre! Abdoulaye Wade est arrivé au pouvoir par un code électoral consensuel. Il est parti dans le calme et le pays est resté stable.

Macky Sall a été élu sur la base de ce code électoral consensuel, pourquoi veut-il changer cela ?

C’est ça la bonne question. Pour mettre un système de parrainage, changer la Constitution, changer le Code électoral qui n’est pas conforme à la Constitution : c’est une volonté manifeste de la part de Macky Sall de faire du forcing. Et c’est ça que nous combattons.

Par rapport à ses relations avec Wade, doit-il avoir cette attitude ?

Non, non, non !

Pourquoi ?

C’est Wade qui politiquement l’a créé.
On était là avant Macky Sall. Il n’a
pas la proximité que nous avions avec le
président Wade. Ce que nous connaissons de Wade, il ne le connait pas ; les combats que nous avons mené avec Wade, il ne les a pas menés. Mais malgré tout, le président Wade l’a choisi pour le mettre au perchoir jusqu’à ce qu’il puisse devenir président de République. Mais Diantre, il est
le président de la République. Qu’est-ce
qu’il veut d’autre ?

Tout ce qu’il considère,alors que je ne le pense pas, que Wade lui a fait comme mal, il devrait en faire fi et tisser de bonnes relations avec son père. D’autant plus qu’au moment de quitter,le président Wade nous avez demander d’aller l’accompagner. On était disposé
à le faire. Il aurait tranquillement fait un deuxième mandat et après même, peut être, choisir celui qui va lui succéder.

Mais,aujourd’hui, il a tout gâché. Et nous, nous ne demandons qu’un processus électoral transparent et des élections transparentes. Que tous ceux qui doivent participer à ces élections y participent.

Mais lui, il ne semble pas le vouloir. Il est en train de jouer avec le feu et c’est dangereux. J’ai dit et je le répète, les pratiques antidémocratiques qu’il est en train de faire dans ce pays peuvent être plus dangereuses que la malédiction du pétrole. Tous ces foyers de tensions que vous voyez à travers l’Afrique, ce n’est pas à cause des ressources minières ou du pétrole, c’est à cause d’élection. C’est pour cela que nous sommes en train de procéder à des visites de proximité auprès des chefs religieux pour leurs demander aussi d’intervenir auprès de Macky Sall…

Entretien à suivre dans 24 heures