Economie:Qu’est ce qui différencie le FMI et la Banque mondiale?

Né dans le sillage des accords de Bretton-Woods qui a transformé le système financier international après la Seconde Guerre mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale devaient représenter la volonté de coopération

Né dans le sillage des accords de Bretton-Woods qui a transformé le système financier international après la Seconde Guerre mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale devaient représenter la volonté de coopération économique internationale.

Ils diffèrent par leur composition : le FMI est une organisation intergouvernementale (ou « IGO », c’est-à-dire une institution mettant en commun argent et capacités d’Etats souverains pour un but précis). Il regroupe aujourd’hui 185 Etats souverains et fonctionne comme un fonds financier.

La Banque mondiale est en fait le nom d’un groupe de plusieurs organisations intergouvernementales, dont la plus importante est la Bird (Banque internationale pour la reconstruction et le développement).

Affiliée à l’ONU et créée à l’origine pour gérer le Plan Marshall en 1946, la Banque mondiale a pour mission aujourd’hui encore d’assurer le financement de grands projets d’infrastructures dans les pays en voie de développement, à taux préférentiel.

Comme le résume Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, la Banque mondiale est vouée à l’éradication de la pauvreté, et le FMI, au maintien de la stabilité mondiale.

Le FMI intervient sur le marché monétaire

Si une monnaie est la cible de spéculation sur le marché monétaire, le FMI aide à acheter par exemple cette monnaie afin d’éviter qu’elle ne s’effondre.

Imaginons un pays dont la production est en baisse : ce pays est moins compétitif au niveau international et ses exportations vont baisser ; la demande de monnaie de ce pays suit le niveau des exportations, moins ce pays vend à l’étranger, moins sa monnaie est demandée pour réaliser ces échanges.

Lorsqu’il y a un risque de baisse, certains spéculateurs vont inonder le marché de cette monnaie pour que sa valeur s’effondre. Si le FMI aide à intervenir pour contrer ce mouvement spéculatif, la demande de monnaie (créée artificiellement par les fonds alloués par le FMI) compense l’offre de monnaie des spéculateurs, le prix de celle-ci ne va pas s’effondrer.

Le FMI aide les états défaillants

Si un Etat ne trouve plus de liquidités pour se financer auprès des banques régulières, c’est le FMI qui assure la « fonction de prêteur en dernier ressort ».

Un Etat a généralement besoin de liquidités pour, par exemple, payer ses fonctionnaires, honorer une créance vis-à-vis d’une banque ou d’un autre Etat, etc.

Prenons un pays dont la croissance a été très mauvaise, et qui est touché par une crise financière. Le FMI va prêter de l’argent à ce pays pour qu’il ne fasse pas banqueroute. Dans la conjoncture actuelle, Ukraine et Islande en ont bénéficié, alors que la Hongrie et la Biélorussie ont fait une demande.

Quelle est la contrepartie ?

Le FMI et la Banque mondiale ne prêtent pas gratuitement, d’où les critiques qu’ils suscitent. Un prêt ou une intervention du FMI implique une sorte d’ingérence économique au sein des affaires de l’Etat concerné, selon un modèle libéral qualifié de « Consensus de Washington », commun à la Banque Mondiale (les deux organisations sont situées dans la capitale américaine).

Concrètement, le FMI et la Banque mondiale demandent des ajustements structurels, qui concernent les lois ou l’orientation de politiques économiques, et peut aller jusqu’à la mise sous tutelle : indépendance accrue de la banque centrale, libéralisation du marché du travail, diminution des déficits, privatisation d’entreprises nationalisées, etc.

Pourquoi le FMI et la Banque mondiale ont choisi la voie libérale ?

Les économistes qui sont en poste ont une inclinaison forte au libéralisme, directement liée à croissance endogène : la croissance vient du progrès technique (lié à la concurrence) et de l’éducation. Les politiques structurelles de dérégulation, désétatisation et déréglementation sont donc préconisées, contrairement aux politiques conjoncturelles censées parasiter la concurrence, l’essor du progrès technique et donc la croissance.

Senbusinet avec L’OBS