Donald Trump accuse Google,Twitter et Facebook de manque d’impartialité et de «censure»

Le président américain a regretté que « presque tous les articles et informations » qui apparaissent quand il fait une recherche sur son nom « soient négatifs

Une nouvelle attaque dans l’offensive de Donald Trump contre « les géants des réseaux sociaux ». Le président américain a mis en garde mardi, depuis le Bureau ovale, Google, Twitter et Facebook contre ce qu’il estime être un manque d’impartialité. Il accuse fréquemment ces entreprises de « réduire au silence des millions de gens » et de pratiquer une forme de « censure ».

Après un premier tweet matinal visant Google, accusé de truquer les résultats de son moteur de recherche au détriment des conservateurs, Donald Trump a encore haussé le ton, et élargi le champ de ses récriminations à deux autres géants de la technologie. « Google, Twitter et Facebook naviguent vraiment en eaux très troubles et ils doivent faire attention », a-t-il lancé à l’issue d’une rencontre avec le président de la FIFA, Gianni Infantino.

C’est injuste pour une grande partie de la population », a-t-il ajouté, évoquant sans autres précisions des milliers de plaintes. « Vous ne pouvez pas faire ça aux gens, vous ne pouvez pas ! », a-t-il martelé. Ces accusations de partialité ont été fermement contestées par Google, qui a assuré ne pas orienter les résultats de son moteur de rechercher vers « une quelconque idéologie politique ».

Les médias républicains et conservateurs « écartés » ?

« La recherche n’est pas utilisée pour défendre un programme politique et nous ne dévions pas nos résultats vers une quelconque idéologie politique », s’est défendu Google dans un communiqué au ton très ferme.

« Notre but est de nous assurer que les utilisateurs qui tapent une recherche dans la fenêtre Google Recherche reçoivent le résultat le plus pertinent en quelques secondes », insiste l’entreprise, soulignant qu’elle apporte chaque année des centaines d’améliorations aux algorithmes qui pilotent la recherche « pour assurer qu’ils pêchent du contenu de grande qualité ».

Donald Trump a semble-t-il fait de bon matin une recherche Google sur son nom. « Rechercher « actualités Trump » sur Google ne donne en résultats que le point de vue (et) les articles des médias Fake News. En d’autres termes, c’est TRUQUE, à mon encontre et contre d’autres, afin que presque tous les articles et informations soient NEGATIFS », a-t-il tweeté, estimant que les médias républicains et conservateurs étaient « écartés ». « Illégal ? », a-t-il ajouté.

« Google et d’autres suppriment les voix des conservateurs et cachent les informations positives. Ils contrôlent ce que nous pouvons voir ou pas. C’est une situation très grave dont on s’occupera ! », a-t-il ajouté. « Nous nous penchons sur la question », a confirmé peu après Larry Kudlow, conseiller économique de Donald Trump, tout en restant très évasif sur les éventuelles investigations en cours.

« Toute tentative de « rectifier » les résultats violerait le premier amendement »

Pour le Centre pour la démocratie et la technologie, la question de la partialité des algorithmes de recherche mérite d’être posée, mais une potentielle régulation gouvernementale représente un réel danger. « Il est très inquiétant qu’un représentant du gouvernement quel qu’il soit essaie de mettre publiquement la pression sur une plateforme concernant des informations importantes pour notre démocratie », a indiqué sa présidente, Nuala O’Connor.

Pour Eric Goldman, responsable de l’Institut de droit des hautes technologies à l’université de Santa Clara, « toute tentative de Trump de « rectifier » les résultats des moteurs de recherche violerait le premier amendement » de la Constitution américaine garantissant la liberté de la presse.

Les trois géants de l’internet, déjà auditionnés par le Congrès américain l’an dernier, ont de nouveau été convoqués devant les élus le 5 septembre prochain, pour y discuter de censure et d’interférence dans les élections.

20minutes