Décodage/Cheikh B Dieye: »Si Macky n’a pas peur de l’opposition,qu’il libère Khalifa Sall et qu’il laisse Karim Wade revenir… »

Cheikh Bamba Dièye incarne le militantisme socio-démocrate d’unité et de droiture légué par son illustre père, Cheikh Abdoulaye Dièye. Patiemment, il attend son heure de gloire pour récolter au plus haut sommet les dividendes d’un engagement politique.

Toujours aux confins de la loyauté en politique et de la dynamique contestataire, le leader du Front pour le Socialisme et la Démocratie/Benno Jubel (FSD/BJ) et de la plateforme Fippu pour une alternative politique citoyenne s’est prononcé ce samedi sur les grandes
questions qui secouent le pays, à travers l’émission Décodage sur la télévision touba TV

Le député qu’il est taille en pièce les
«habitués du pouvoir»

Au Sénégal, il y a des hommes et des
femmes qui se battent, changent de postures, migrent vers d’autres partis, créent des coalitions pour toujours rester dans le giron du pouvoir. Des gens qui peuvent se mouvoir dans toutes les sauces et qui doivent aller à la retraite politique.«Ils sont cupides, et ne sont intéressés que par l’argent du pays.

Ils avaient ferré le Président Senghor jusqu’à l’amener à céder le pouvoir ; ensuite c’était autour du président Diouf qu’ils ont accompagné jusqu’en 2000 pour lui tourner le dos dès les premières heures de sa défaite,idem pour le Président Wade qu’ils ont mis dans une situation qui l’a mené à la perte du pouvoir avant de rejoindre le camp du Président Macky Sall.

En réalité,c’est de cette situation que découle le problème de légitimité des hommes politiques et de confiance du peuple envers eux», a fait comprendre Cheikh Bamba Dièye. Sans donner de noms, les œillères sont braquées sur ces hommes politiques qui depuis les indépendances accompagnent toutes les générations.

Une situation qui pose la problématique de la démocratie interne des partis politiques et la professionnalisation de la politique comme un métier à vie

«Le PSE imposé aux populations pour enrichir des étrangers »

Dès que la notion de pauvreté est perceptible, l’on ne saurait parler de performance et d’émergence. C’est ainsi que Cheikh Bamba Dièye résume les années de magistère du Président Sall. «Il a fait 6 ans et on ne dira pas qu’il n’a rien réalisé.

Mais le plus important est de revenir en 2012 pour peser, après les grandes difficultés traversées par le pays, les engagements des populations  qui ont lutté jusqu’à ce que 15 des leurs perdent la vie. En 2012, le Sénégal n’avait pas besoin d’immeubles ou autres, mais de rupture sur les comportements ; de faire en sorte que le Président respecte sa parole.

Si cela fait défaut chez lui, il n’est plus digne de confiance. S’il dit être en mesure de travailler pour vous, il vous trompe ; s’il dit être en mesure de protéger vos deniers publics, il vous trompe ; s’il dit être en mesure d’assurer votre sécurité et votre paix, il vous trompe.

Macky avait la chance au début de son mandat en prônant des slogans porteurs (rupture, gestion sobre et vertueuse, transparence)qui suffisaient comme projet de société.

On avait pris également l’engagement de déposer ces « habitués du pouvoir » qui,de Senghor à Wade, ont toujours tendu la main au nouveau régime en place. Ils  ont montré qu’ils n’avaient aucune vision pour le pays, parce que durant 50 ans, ils n’ont pu rien faire pour le pays.

C’est impossible de vouloir faire du bien avec du mauvais. Ce sont là les principes de fond.

C’est pourquoi, j’interroge Macky Sall pour savoir si ses engagements d’il y a 7 ans sont conformes d’avec sa pratique d’aujourd’hui.

Sur ces aspects cités, il a failli. C’est l’une des raisons qui m’ont poussé à le combattre. En plus de cela, le Sénégal fait partie des 30 pays les plus
pauvres du monde. La pauvreté est le
summum du mal. Dès l’instant que nous sommes conscients que nous faisons partie des plus pauvres, on ne peut plus parler de performance.

Ce que le Président appelle PSE (Plan Sénégal Émergent) est un plan qui, en réalité, ne mènera nulle part le pays. Au contraire, c’est une entreprise qui plane sur la tête des populations pour enrichir des étrangers.

C’est l’exemple du Train Express Régional (Ter) avec un investissement de 1200 milliards qui auraient servi à construire des logements sociaux au nombre de 80 000.

Les deniers publics et la pratique politique ne doivent servir qu’à soulager les populations. Malheureusement c’est toujours le contraire », a-t-il soutenu.

« Parrainage,le crépuscule des magiciens »

Le dialogue est-il véritablement possible entre le Président Macky Sall et l’opposition regroupée autour du Front
démocratique et social de résistance
nationale et de la plateforme Fippu ?

Le doute est permis si l’on suit les pensées de Cheikh Bamba Dièye,car la confiance entre les parties ne semble pas encore être au rendez-vous, malgré la mise en place d’une commission ad hoc pour discuter des conditions de la mise en œuvre de la loi votée à l’Assemblée.

Si ce n’est pas un jeu de dupes, c’est un exercice de passe passe pour tromper l’adversaire et tenter de l’affaiblir.

« Macky Sall veut«blinder » la porte pour que personne ne puisse accéder à la magistrature suprême »

C’est ça le problème de la loi sur le parrainage. Au-delà du fait que, primo, ça ne peut pas être : si son parti amène 2 millions de signatures, un autre 2 millions et un autre 1 million, cela veut dire que 3 partis peuvent glaner l’ensemble du fichier électoral.Et les autres partis n’ont-ils pas le droit d’en faire partie ?

Qu’on ne nous parle pas d’économie puisque qu’il a la possibilité de prendre le bulletin unique ou bien qu’il prenne la moitié de ses fonds politiques. La moitié de ses fonds politiques suffirait pour financer la totalité des élections pour deux mandats

Par ailleurs, il lèse les candidatures
indépendantes en leur demandant 58 000 signatures. Nous ne pouvons aller discuter dans une commission ad hoc alors que la loi sur le parrainage sonne la fin de notre démocratie. Cela est inacceptable ».

Si Macky n’a pas peur de l’opposition,
qu’il joigne l’acte à la parole :libérer Khalifa Sall et laisser Karim Wade revenir

L’actuel locataire du Palais de la
République a visiblement peur d’une
opposition forte et unie comme semble
l’afficher la bande à Mamadou Diop
Decroix. Si Macky veut une opposition en face de lui, il la veut divisée.

D’où les multiples audiences (Mamadou Abdoulaye Guissé, Bamba Ndiaye, Ndlr), les nominations (Souleymane Ndéné Ndiaye, Ndlr), les présentations de condoléances (Bamba Fall, Modou Diagne Fada, Ndlr), qu’il est en train, avec son gouvernement,de dérouler.

Il faut que le Président Macky
Sall sache raison garder selon Cheikh
Bamba Dièye, surtout quand il soutient «ne pas avoir peur de ses adversaires ».

« S’il est convaincu par ses propres propos, il n’a qu’à joindre l’acte à la parole en faisant revenir Karim Wade et sortir Khalifa Sall de prison.

« Il n’a pas peur d’eux et il a confiance au sénégalais. Alors pourquoi interférer sur les lois?  Pourquoi il veut changer le processus électoral?  Pourquoi personne n’a de liberté ? A-t-il indiqué.

« Construction d’une identité réelle et d’un projet national »

Cheikh Bamba Dièye appelle à la constitution d’une nouvelle identité réelle et nationale. Une fois élu président de la république, il s’attèlera à «inventer un destin commun pour le Sénégal ». Cheikh Bamba Dièye de renchérir : « L’élite sénégalaise a épousé une vision qui ne correspond pas aux réalités et aux vécus des populations. C’est ce qui explique l’installation d’un dysfonctionnement dans le pays.

Si les différentes alternances vécues n’ont pas eu un impact positif  sur le développement du pays, c’est qu’on n’a pas un projet national.

On n’a pas accordé nos violons pour savoir ce que nous voulons pour notre pays. Les détenteurs du pouvoir pensent qu’ils ne doivent pas travailler pour le pays. Ils se focalisent sur les péripéties très difficiles qui les ont menés au pouvoir, et une fois qu’ils y sont arrivés, c’est l’heure de la rétribution et du règlement de ses propres difficultés ».

« Les axes d’une candidature à la présidentielle du 24 février 2019 »

Dans les affaires d’État, il est rarement
bon de s’en arrêter à l’homme, qui, in fine, n’est que le fruit des circonstances. Il doit être par ailleurs traité sous l’angle
des actes qu’il pose,de ses attitudes et de ses comportements.

Tour à tour Conseiller Régional, Maire de la commune de Saint-Louis, Député à l’Assemblée, Ministre de l’aménagement du territoire et des collectivités locales, Ministre de la communication.  L’expérience semble être au rendez-vous.

Les contours de son projet de société pour un Sénégal aux lendemains de 2019 porte sur trois piliers,déclinés sur l’antenne de Touba TV la « télévision qui nous rassemble », qui vont restaurer la crédibilité de l’action politique en mettant l’action sur l’éthique dans son  sens plénièr .

« Tout acteur politique mise sur les élections. Je ne peux ne pas être candidat lors de la prochaine présidentielle. Ce qui reste à voir, c’est comment y aller. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons lancé l’initiative Fippu pour une alternance politique citoyenne. La plateforme regroupe des partis politiques, des mouvements, la société civile et des citoyens lambda qui sont conscients que nous devons nous donner la main pour construire la consolidation de l’État de droit, pour reprendre les fondamentaux des assises nationales et revivre l’espoir qui été placé en Macky Sall», note-t-il.

Cheikh Bamba Dièye d’embrayer : «Ma priorité sera la vérité et ça je le dis sincèrement. Si je suis élu Président de ce pays, les premiers jours seront extrêmement durs, les premiers mois et les premières années…

Il faut que le laisser aller, le « je m’en foutisme », la tricherie, la corruption, la non reddition des comptes qui sont chez les politiciens et tous les autres segments de la société cessent.

Cette situation ne peut pas être le corolaire du développement. Il faut l’éradiquer du pays. Toutes lois existent, ce qui reste c’est la volonté politique.

Mes priorités sont : en premier lieu, tous les détenteurs de responsabilités publiques dans ce pays n’auront pas le droit de mentir dans la cadre de leur fonction, sinon c’est le limogeage immédiat ; les ministres qui parrainent les soirées à n’en plus finir ou des personnes seront limogés sur le champ. Cet état d’esprit doit être cassé.

Ensuite, toute personne qui aura a dé-
tourner les deniers publics sera jugé et
nous mettrons les hommes qu’il faut à
la place qu’il faut.

La taille du gouvernement sera ramenée à des proportions acceptables, les agences seront diminuées, le HCCT, le CESE,sans utilité aucune, vont disparaitre.

Je mettrai à leur place un institut national d’études stratégiques qui vont regrouper des experts qui vont plancher sur les dossiers.

Par ailleurs je vais diminuer la taille de l’Assemblée nationale et des exécutifs locaux. Rien qu’à Dakar vous avez plus d’une centaine de personnes, à Saint-Louis près de 70 et ce ne sont que 15 personnes qui travaillent.

Il faut un retour vers le travail. C’est
pourquoi Fippu propose un candidat qui durant un mandat de 5 ans, très dur pour les gouvernants, dans le sens des priorités a inculqué au reste de la société pour refondre le Sénégal

Abdoulaye Diop

24 Heures

 

 

 

1 commentaire sur “Décodage/Cheikh B Dieye: »Si Macky n’a pas peur de l’opposition,qu’il libère Khalifa Sall et qu’il laisse Karim Wade revenir… »”

  1. Un discours poignant , reflet d’ une ambition partagée, qui dénote des convictions inébranlables et qui sous-tend un engagement politique- citoyen- avec des retombées réelles qui auront jalonné son parcours politique – quand bien même marqué par certaines tribulations- jusqu’à nos jours. Un homme crédité de certaines vertus telles que la foi en ses idées et principes, la constance, le refus de la compromission et de l’ injustice……
    Puisse Dieu lui accorder cette magistrature suprême qui lui tient tant à cœur! C’ est tout le mal qu’ on est tenu de lui souhaiter.
    Cordialement!

Les commentaires sont fermés.