Coût de la corruption au Sénégal: 118 milliards engloutis dans les dessous de table

D’après une étude présentée hier par l’Ofnac, le coût de la corruption au Sénégal est de 118 milliards de francs Cfa.
Le coût de la corruption au Sénégal est évalué à 118 milliards Fcfa. Après des enquêtes de deux mois effectuées entre mai et juillet 2016, le cabinet Synchronix a retenu un taux de 14,1%. 2336 Sénégalais répartis en sept catégories ont été interrogés dans les 14 régions du pays. Les résultats ont été présentés par l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) qui a commandité cette «Étude sur la perception et le coût de la corruption au Sénégal». D’après Amadou Niang, membre de l’Ofnac, il était «difficile de procéder au calcul exact du coût de la corruption. C’est sur la base du calcul des pots de vin rapportés à des variables que cela a pu être estimé. Selon les Sénégalais interrogés, «71,7% des cas de corruption sont impûtables aux démembrements de l’Etat». «53% des cas sont également initiés par les citoyens», a souligné le Directeur pays du Pnud, Mathieu Ciowela citant l’étude. Il est ressorti des enquêtes que le «taux de tentative de corruption est plus important en milieu urbain qu’en milieu rural». Cependant «le taux de corruption est plus important en milieu rural qu’en milieu urbain». Les résultats de cette étude n’ont pas reçu l’approbation de tous les participants à cette restitution. Un jeune ingénieur a émis des réserves sur la fiabilités de ces données. Il a des doutes quand l’étude démontre que les hommes de plus de 50 ans posent des actes de corruption en donnant seulement 15 000 francs là où un jeune entre 20 et 35 ans peut donner plus de 50 000 francs. Les membres de l’Ofnac ont leur explications. «Entre 25 et 35, c’est la population active. Ce sont des gens qui sont à la recherche de financements. Je comprend le niveau de corruption même si ce n’est pas souhaitable», a répliqué M. Niang. Un autre intervenant a estimé l’échantillon trop petit par rapport à la population totale. Il a relevé le nombre de 20 personnes interrogées à Sédhiou classée deuxième région la plus corrompue. La région de Diourbel est en tête de peloton avec 99,4%. Dr Fodé Ndao de l’Itie s’est étonné que les enquêteurs aient choisi dé- libérément d’exclure les étrangers de cette étude. D’après lui, les étrangers sont nombreux dans le secteur extractif et la corruption y est très présente. La présidente de l’Ofnac, Seynabou Ndiaye Diakhaté a estimé qu’«aucune étude n’est parfaite». Mais, a-t-elle fait noter, cette étude constitue une base de données et d’informations par rapport à la corruption. Elle va nous permettre d’orienter notre stratégie avec les cibles identifiées par l’étude».

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