CENTRALE À CHARBON DE SENDOU :un désastre pour les communautés locales 

A la veille de la 5èmeréunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs du Groupe de la Banque Africaine de Développement (Bad) ce jeudi 31 octobre à Abidjan, Lumière Synergie pour le Développement (LSD), WoMin African Alliance  et Gender Action, entre autres organisations de la société civile, se font l’écho de l’appel des femmes de Sendou qui demandent à la banque de tenir ses promesses et d’arrêter la centrale à charbon en pleine crise climatique. 

Alors que la crise climatique s’aggrave sur le continent africain, le moment est venu pour la BAD d’agir, déclarent, dans un communiqué, Lumière Synergie pour le Développement (LSD), WoMin et Gender Action, faisant écho aux appels des femmes de Bargny. Ces organisations de la société civile appellent la BAD à entamer une consultation communautaire à part entière, particulièrement avec les femmes, à écouter directement leurs points de vue non médiatisés sur les impacts de la centrale à charbon de Sendou, et à réagir à leurs demandes justifiées de réparation et d’indemnisation. «Au minimum, les femmes privées de leurs terres et leurs moyens de subsistance, leur santé endommagée, leur charge de travail non rémunérée et toute une série de stress sociaux, devraient être intégralement indemnisés», plaident-elles. Ajoutant que la BAD est également mise au défi de prendre en compte et de partager publiquement les implications de sa décision de septembre 2019 de ne plus soutenir les projets de charbon sur des projets en cours, tels que Sendou, qui émettent ou émettront du charbon et qui entraînent les changements climatiques.

Toutes les institutions – banques de développement, investisseurs privés, gouvernements et institutions multilatérales – devraient déjà être en mode d’urgence climatique. Selon ces défenseurs des intérêts des femmes de Bargny directement impactées par la centrale à charbon de Sendou, ces derniers doivent se soustraire à tous les investissements en énergie sale, en méga infrastructures et investissements agro-industriels et remettre en cause l’hypothèse de développement selon laquelle la croissance économique, extractivisme et grands projets sont synonymes de développement.

A les en croire, cette centrale, récemment mise en service, montre comme d’habitude, à quel point la conduite des affaires doit être radicalement inversée pour que les populations et la planète puissent survivre dans les décennies à venir.

Dans le nouveau rapport, «Les femmes s’opposent au charbon : la centrale de Sendou de la BAD a des répercussions sur les femmes en cette période de crise climatique», rappellent LSD, WoMin et Gender Action, la Banque africaine de développement met en évidence les effets néfastes de la centrale à charbon de Sendou sur les populations, en particulier les femmes, et les écosystèmes dans un contexte d’urgence climatique en Afrique.

Depuis 2009, les femmes transformatrices de Bargny luttent contre la centrale à charbon de Sendou, cofinancée par la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Ouest-africaine de Développement (BOAD), la Banque néerlandaise de développement (FMO) et la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’ouest (CBAO). En effet, le projet a déjà détruit les moyens de subsistance de plus de 1 000 femmes transformatrices, affaiblit la santé de la communauté, détruit le patrimoine culturel et exclut les populations locales de la prise de décision concernant leur avenir.

La centrale à charbon de Sendou, fonctionnelle depuis 2018

Il y a un peu plus d’un mois, le président de la Banque Africaine de Développement, Akinwumi Adesina, a révélé les plans de la BAD visant à mettre fin aux centrales à charbon sur tout le continent et à passer aux énergies renouvelables. Dans un discours prononcé lors du Sommet des Nations Unies sur le climat, le 23 septembre 2019, Adesina a déclaré aux délégués que «… le charbon est le passé et les énergies renouvelables, c’est le futur. Pour nous, à la Banque africaine de Développement, nous sommes en train de sortir du charbon». Pourtant, la centrale à charbon de Sendou, financée par la BAD, qui a commencé à fonctionner en 2018, générera de l’électricité au charbon et des polluants nocifs pour la santé de la population locale et mondiale pendant de nombreuses années à venir.

Abdoulaye SIDY

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