Les assises de la boulangerie ne sont que du saupoudrage,Alioune Sarr veut occulter les véritables problèmes

Annoncées au mois de Juin 2017, les assises de la boulangerie se sont tenues du 18 au 19 Décembre sous la présidence du ministre du commerce, Alioune Sarr qui trouve que ces assises sont une occasion de mettre de l’ordre dans le secteur controversé de la boulangerie
Mais si pour certains patrons de boulangerie cette rencontre entre les professionnels du secteur est venue à son heure,c’est tout le contraire de monsieur Mame Malick Fall

Entretien
Monsieur Malick Fall,vous faites partie de la promotion des maitrisards de la période socialiste, vous étes membre de la FNBS,les assises de la Boulangerie se tiennent en ce moment,un ouf de soulagement non?

Mame Malick
Je vais vous surprendre en vous disant que l’écrasante majorité des boulangers ne croient pas que les conclusions de assises présidées par le ministre du commerce,des PME/ PMI monsieur Alioune Sarr soient de bonnes perspectives qui pourraient les sortir du gouffre dans lequel elles se trouvent

Mais quelle est donc l’utilité de ces assises? Et pourtant c’est une doléance récurrente des boulangers

-Je vous dis que dans ce contexte précis, ces assises ne sont que du saupoudrage qui vise à occulter les véritables problèmes qui plombent le secteur.

-Vous pensez donc que le ministre est en train d’occulter le débat?

Plus grave,Il est en train d’orienter le débat vers autre chose que son ingérence dans un marché (sur la farine) qu’il a lui même fini par déséquilibrer à travers une décision unique dans son genre.

-Dites nous comment?

Après avoir créé les conditions d’une forte hausse du prix de la farine avec comme conséquence la situation de précarité actuelle des boulangeries, le ministre Alioune Sarr a enfin accepté que le secteur de la boulangerie est confronté à des difficultés. Mais le problème est à un autre niveau,et il lui faut lui demander pourquoi a t’-il procédé à une retouché de l’arrêté portant homologation du prix de la farine pour sauver des minoteries qui selon le prétexte avancé seraient actuellement menacées de crise.

– Vous pensez donc que cette décision du ministre est à l’origine de la déstructuration du secteur?

Est ce que le ministre avait le droit de changer unilatéralement le prix plafond de 18000f par le prix plancher de 17200f? NDLR le prix plancher est le plus petit prix de vente du sac de farine

-En cherchant on ne trouve nulle trace de cet arrêté

Allez lui demander pourquoi l’arrêté n est toujours pas publié?

– Vous pensez qu’il y a anguille sous roche pour utiliser une expression populaire

Absolument, à l’Assemblée le ministre a peiné face aux questions des députés,il a eu des difficultés convaincre pour justifier son ingérence dans le marché de la farine.
1/- Le ministre commence par vanter les chiffres d affaires et le nombre d’emplois générés par les 7 minoteries tout en oubliant qu’elles le doivent au pouvoir d achat des boulangeries et en faisant fi de ceux créés par les centaines de boulangeries.

-La croissance générée par les minoteries n’est elle pas meilleure que celle créée par les boulangeries?

Je vous renvoie à un document
étude et impact économiques et social des PME PMI sur les populations.

– Vous parlez là des petites et moyennes entreprises dans leur globalité,mais revenons un peu sur les prix plafond et plancher…

Je vais continuer sur les débats à l’Assemblée. Toujours dans sa réponse aux députés, en citant l’arrêté portant homologation du prix de la farine, le ministre a extrait du texte, le mot plafond qui a tout son sens et décide aussi de ne pas prononcer le mot plancher. Or dans l’arrêté, il est dit que le prix plafond est fixé à 18000f. C est à dire le prix à ne pas dépasser, mais qui peut baisser.

Vous pensez donc que les assises n’auront aucun impact sur le secteur si le ministre ne revoit pas cette mesure?

Écoutez,je ne veux pas tomber dans le piège du ministre qui consiste à nous détourner de l’éssentiel,mais je dirais encore une fois comme la plupart des assises précédentes, celles là ne serviront qu’à divertir pour aboutir à des conclusions qui finiront dans les tiroirs.Les assises qui auront la possibilité d être appliquées prendront du temps à se realiser

-Qu’est ce que vous préconisez alors?.

Nous voulons inviter les autorités à oeuvrer pour une culture de l’administration de développement et non pour un comportement de calcul politique voire politicien.
On peut accepter qu’un ministère soit un poste politique ,mais une fois en fonction, ce dernier doit être jugé sur la base de ses résultats sur le plan économique et social.
Alioune Sarr doit être évalué sur sa capacité à préserver les emplois existants, à défaut d’en créer, et non sur son aptitude à manoeuvrer pour avoir zéro turbulence dans les secteurs relevant de son département.

-Le ministre a quand même des interlocuteurs pour vous c’est bien la FNBS…

Justement, ce n est pas parce des mécontentements ne se manifestent pas, parce que tout simplement ils sont étouffés par ceux qui gérent les intérêts de cette corporation, que tout va bien.
Le secteur de la boulangerie est un exemple illustratif .Les autorités doivent porter une attention aux boulangeries et aujourd’hui,il ne fait aucun doute qu’elles sont en crise.

-Votre dernier mot…

Le pain est un produit qui entre dans toutes les concessions tous les jours.Il est consommé par toutes les couches de la socièté,le matin le premier réflexe dans une famille c’est d’aller chercher du pain,ne jouons pas à déstabiliser un secteur porteur de valeur et créateur d’emplois.
Il faut un juste équilibre pour permettre à tout un chacun de vivre de son métier…
La rédaction