PEUR DANS LA RÉPUBLIQUE : Le temps d’une nouvelle conscience pour la classe politique sénégalaise

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Les Sénégalais ne s’y retrouvent plus dans cette mare politique dont les intrications ont acquis leurs lettres de noblesse après la publication des listes des investis pour les élections législatives du 30 juillet prochain. Nos hommes politiques n’ont plus peur et mettent la République en danger.

La politique est une bête sauvage qui a besoin d’un dresseur, sous nos cieux. Les hommes politiques sénégalais ont la particularité de posséder souvent les mêmes tares.Chacun d’entre eux dénoncent ces tares et les actions auxquelles ils veulent succéder, venant du pouvoir en place. Depuis les indépendances, les péripéties vécues prouvent leur incapacité à constituer une alternative pour une population qui, pourtant,est en droit d’attendre une offre de gouvernement crédible pour une réelle prise en charge des préoccupations.

Plus près de nous, la situation catastrophique post investiture pour les élections législatives du 30 juillet prochain constitue un laboratoire de ce qu’ils peuvent distiller de négatif dans leur volonté de briguer les suffrages des sénégalais par des entourloupes. Les Sénégalais veulent et doivent tourner la page. Le pays ne veut plus se coltiner avec ses tares institutionnelles et démocratiques. Le pays a besoin d’amour, d’être sous une prise pour parler comme François Mitterrand. Les mêmes hommes politiques du régime socialiste, libérale ou de gauche ont, depuis plus de 50 ans, confisqué l’avenir politique de la jeunesse.Plus de 85% des jeunes n’ont connu qu’une dizaine d’hommes politiques au pouvoir.Avec la rengaine qui entoure le discours des chapelles politiques, suite aux investitures pour la 13ème législature, on se rend compte de la faiblesse de nos leaders politiques à cicatriser les écorchures sur notre démocratie et l’engagement politique de la jeunesse.

Quand les politiques n’inspirent plus confiance !

Voir l’Union des jeunesses travaillistes libérales (Ujtl) du Parti démocratique sénégalais (Pds) s’émouvoir de la situ- ation des investitures au niveau de la Convergence des jeunes républicains (Cojer) de l’Alliance pour la Répub- lique (Apr), reconnaissez que le sillon de l’incohérence et du bannissement est profond.Après le choc des mots et de l’insoutenable, le peuple cherche en soi des raisons de ne pas sombrer dans la désespérance car cela va perdurer encore des décennies, si nous n’y prenons garde. Nous devons agir sur le réel et ne pas nous cantonner sur l’engagement verbal, encore que les mots sont avant tout de l’action.Le peuple sénégalais doit se protéger de qui et comment ? Il y a encore un sentiment qui domine,c’est la prise de conscience (pour combien de temps ?) de la nécessité de pratiquer la politique autrement.

En cela, la quasi-totalité de la classe politique rassemblée autour des questions de la réforme de la Constitution et des Institutions, des Assises nationales étaient une promesse. Mais, l’avidité du pouvoir perçue entre 2000 et 2017 a laissé apparaître comme des querelles de clochers les chamailleries des partis politiques comme minables, les rivalités de leaders politiques comme le comble de la médiocrité. Oui nos hommes politiques sont des médiocres.Au soir du 25 mars 2012, Me Abdoulaye Wade disait :« Je vous demande de rester mobilisés avec la même foi, le même courage et la même détermination pour engager cette nouvelle bataille électorale, car c’est dans les circonstances comme celles que nous vivons actuellement que se distinguent et s’affirment les vraies militantes et les vrais militants qui croient aux valeurs qu’ils défendent. En direction de cette importante échéance, je vous invite donc à renforcer l’unité du Parti, taire les que- relles et resserrer nos rangs pour relever les défis devant nous ».A peine avait-il perdu le pouvoir qu’il se projetait sur les échéances futures.Aujourd’hui, après avoir tout reçu des citoyens, après d’âpres luttes politiques, il nous revient en 2017 pour symboliser encore l’opposition dans sa quête des sièges de l’hémicycle. Preuve d’une déchéance des leaders de l’opposition !

Confiscation du pouvoir et prédation des ressources

Le 4 avril 2012, l’actuel président de la République, Macky Sall, avait soutenu, droit devant le devant le drapeau : « Cette occasion historique constitue pour nous tous, un nouveau départ pour une nou- velle ère de ruptures en profondeur dans la manière de gérer l’Etat au plan institu- tionnel et économique. C’est pourquoi, je tiens à ce que toutes les femmes et tous les hommes qui m’accompagnent dans l’exécution du contrat de confiance qui me lie au peuple, comprennent et acceptent que cette mission ne crée pas une catégorie de citoyens privilégiés, au- dessus des autres et de la loi.Au contraire, cette charge se décline en un sacerdoce sans ambiguïté : il est question de servir et non de se servir. […] Gouverner autrement, c’est bannir les passe-droits, le favoritisme et le trafic d’influence ; c’est mettre l’intérêt public au-dessus de toute autre considération et traiter tous les citoyens avec la même dignité et le même respect ». Hélas, ce qui se déroule laisse perplexe les observateurs et la masse silencieuse. « Entre regroupements con- tre nature, renonciations idéologiques et opportunisme compulsif, les oppositions n’inspirent plus confiance et poussent même des électeurs désabusés à voter pour des régimes qui pourtant ne gou- vernent ni dans la vertu ni dans le respect de leurs engagements. Car, au fur et à mesure de leurs reniements et de leurs postures alambiquées, elles montrent que seul le pouvoir les intéresse et non la volonté d’apporter des ruptures transformatrices dans l’intérêt, notamment, des plus pauvres », a laissé entendre mon confrère Hamidou Kane.

Les leaders politiques des premières comme des dernières générations n’ont que pour programme d’être sultan à la place du sultan.Une culture de confiscation du pouvoir puis de prédation de la fortune publique est le diastole et le systole de notre pays.L’explication de cette situation est lointaine et se résume à la notion de la peur.Oui nos hommes politiques ne sont pas ou plus habités par cette peur du qu’en dira-t-on et qui habitait un grand homme d’Etat comme Napoléon Bonaparte. « Il existe deux leviers pour faire bouger un homme, la peur et l’intérêt personnel », disait-il. La peur doit être un véritable élément d’aiguillon et de remise en cause de soi-même. Ils doivent aller de l’avant tout en s’éloignant et en s’effaçant du pouvoir, pour pouvoir aimer ce pays au sens le plus profond du terme.La politique est un « monde » aux frontières floues. Elle ne peut pas vraiment se définir comme un métier, mais plutôt comme un ensemble de fonctions.

Abdoulaye DIOP

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